L’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République

La lettre de L’ESPER n°34 – Mai Juin 2014 – L’Edito de Roland Berthilier

roland_berthillierPour bon nombre de militants de l’ESS, le résultat des élections européennes est un choc, avec le score très élevé du front national. 24 sièges au Parlement Européen seront occupés désormais par ses élus frontistes résolus à enrayer le fonctionnement de l’Union Européenne.

Dans la nation des droits de l’homme un tel score pour un parti nationaliste, en particulier pour une élection supra nationale, est un signal d’alarme. En ces périodes où la conjoncture économique nous est peu favorable, il appartient à l’espace communautaire de fédérer les nations qui la compose. A ce titre nous pouvons craindre que ces élus frontistes affaiblissent la voix de la France, tout comme nous craignons les positions prises au sein des villes qu’ils ont conquises pendant les élections municipales.

Au regard de l’ampleur que prend cette crise politique, on est en droit de se demander si le désintérêt de l’électeur

face à la vie politique ne viendrait pas également de notre modèle de société qui engendre l’individualisme, l’amenuisement de la cohésion et de l’entraide et la montée des inégalités économiques et sociales. Ces effets pervers sont inhérents à notre système et pèsent sur la croyance des citoyens à l’amélioration de leur condition. Comment un système basé sur une concurrence acharnée, où les acteurs d’un même marché cherchent à se détruire mutuellement pour avoir une
position dominante et s’assurer de meilleurs profits peut-il être viable sur le long terme ?

C’est dans ce contexte que l’ESPER défend l’économie sociale et solidaire. Nous orientons notre vision du développement vers l’Homme qui est placé au centre de nos objectifs. En cela, l’ESPER se démarque du secteur privé lucratif en étant le garant d’une gestion prudentielle de ses actifs et de la démocratie. Ces deux principes garantissent le respect de nos valeurs et préservent nos organisations de dérives financières. Pour que le modèle que nous proposons garde sa légitimité, il est essentiel de le prémunir contre toutes ces dérives capitalistes classiques. C’est également pour cela que nous suivons attentivement le projet de loi ESS et la façon dont le législateur encadre les sociétés commerciales dans ce même domaine.

Nous sommes persuadés que le développement de l’ESS est un moyen de redonner confiance aux citoyens dans la capacité de la Nation à se développer. A un moment charnière où l’ESS est sur le point d’être reconnue et définie, gardons à l’esprit qu’avant d’officialiser en termes techniques notre vision de l’économie, c’est avant tout une vision de l’Homme que nous exposons. Une vision sociale et solidaire, où les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité sont autant les moyens employés que les buts recherchés.

Le pouvoir politique a donc lui aussi un rôle à jouer en la matière et il commence à le jouer puisque dans le cadre de la discussion au Sénat du projet de loi de soutien à l’ESS, les sénateurs ont adopté l’amendement 139 en reconnaissant que « le Gouvernement agit pour promouvoir l’économie sociale et solidaire auprès des jeunes générations, grâce à la signature de l’accord entre le ministre chargé de l’économie sociale et solidaire et de ses valeurs à l’école ». et proposant d’aller plus loin en donnant au conseil supérieur de l’ESS la capacité de définition d’une stratégie tendant à « promouvoir l’économie sociale et solidaire auprès des jeunes » ; « valoriser les initiatives des jeunes et leur donner une juste place »;
« aider les jeunes qui aspirent à entreprendre au service de l’économie sociale et solidaire. »

En 2013 l’ESPER a soutenu cet amendement et appelle les députés qui auront à se prononcer en 2014 sur le projet de loi à le maintenir.

Roland Berthilier, Président de L’ESPER