L’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République

La Lettre de L’ESPER n°29 – juin 2013

EDITORIAL

Par Roland Berthilier, Président

Un accord prometteur

Le 13 juin dernier, L’ESPER, au nom du CEGES signait un accord-cadre de coopération pour favoriser l’éducation à l’ESS dans notre pays. Nous pouvons collectivement nous en féliciter car c’est pour l’économie sociale et solidaire, une première pierre à la transcription dans le réel d’une vielle revendication : que l’ESS soit prise en compte dans ce qui est enseigné à l’École.

Cet accord répond aux valeurs communes de l’ESS et de l’École de la République. En effet, nous considérons que l’École reste le meilleur moyen d’émancipation collective comme l’ESS l’est également.

Que l’ESS soit reconnue dans l’éducation à travers cet accord-cadre est primordial pour ce que nous sommes. L’Économie Sociale et Solidaire est « fille de la République », c’est tout à son honneur que de partager ses valeurs avec l’institution emblématique de la République. Ces valeurs sont le triptyque de notre République : la liberté, liberté d’adhésion au nom de valeurs communes, l’égalité, égalité des parties prenantes, notamment dans le fonctionnement démocratique des structures de l’ESS, et la fraternité symbolisée par la solidarité des membres d’une association, d’une mutuelle ou
d’une coopérative.

Notre revendication qui consiste à ce que l’ESS soit prise en compte dans les formations n’aurait aucun sens si nous considérions l’ESS uniquement comme un outil disciplinaire. Aussi, s’il est primordial que le conseil supérieur des programmes reprenne davantage ce qu’est l’économie sociale, en France, en Europe et dans le monde, nous ne pouvons pas faire fi du fait que l’ESS se vit.
Ainsi donc, c’est la pratique pédagogique visant à l’autonomie, à l’émancipation, à l’initiative collective et solidaire qu’il faut mettre en valeur, dans le second degré, certes, mais également dès le plus jeune âge. Ces pédagogies dites nouvelles ont démontré qu’elles permettent l’émancipation et plus de justice sociale. Il nous revient de les valoriser, les populariser et les développer.

C’est la raison pour laquelle il est indispensable d’agir en direction de la formation initiale et continue des personnels de l’éducation. Que ce soit sur la connaissance de l’ESS, la pratique de l’ESS ou la démonstration des pratiques pédagogiques innovantes, la place des structures de l’ESS est bien d’accompagner la formation des enseignants.

Par ailleurs, si l’ESS, n’est pas qu’une économie de réparation, nous pouvons considérer qu’elle a tout de même une mission à destination de la formation des jeunes générations. La question des stages est un enjeu majeur, et nous devons pouvoir contribuer à répondre à un double objectif. Le premier est de contribuer à résorber les inégalités entre les élèves dont les familles ont un réseau professionnel suffisamment développé pour trouver à leurs enfants, et celles qui n’en ont pas. Il faut développer des stratégies RH permettant de recruter des jeunes stagiaires pour démontrer la plus-value de l’ESS. Le deuxième est de répondre à l’enjeu en matière d’emploi, puisque 600 000 emplois seront à renouveler dans l’ESS d’ici à 2020. C’est la raison pour laquelle L’ESPER compte travailler la question de l’orientation des jeunes ainsi que des stages en partenariat avec l’ONISEP déclinant ainsi une partie de l’accord-cadre de coopération.

Comme dans tout projet, c’est par l’implication de toutes les parties prenantes – l’ESS et les pouvoirs publics – que nous pourrons utilement agir en faveur de l’éducation à l’économie sociale et solidaire.

 

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