À l’approche des élections municipales de mars 2026, une série d’acteurs et de réseaux de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) intensifient leur mobilisation. Leur objectif : faire entendre la voix de l’ESS dans les projets municipaux, rappeler l’importance de soutenir les structures locales et contribuer à l’élaboration de politiques publiques plus solidaires, démocratiques, durables et proches des besoins des habitants.
Les réseaux de l’ESS, dont le Mouvement associatif, publient des documents de plaidoyer à l’attention des candidat·es et élu·es. Un des axes forts de ces plaidoyers est la place du tissu associatif local dans la vie communale. Le Mouvement associatif propose 12 engagements pour soutenir les associations : favoriser l’engagement local, sécuriser les financements, renforcer la coopération entre communes et associations, et améliorer l’accompagnement des structures. Ces propositions visent à faire des associations de véritables partenaires des collectivités pour répondre aux enjeux sociaux, culturels et économiques des territoires.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte politique particulièrement préoccupant pour l’ESS. Depuis plusieurs années, les acteurs associatifs subissent une fragilisation croissante : baisses ou instabilité des financements publics, mise en concurrence accrue, logiques gestionnaires imposées, remise en cause du rôle politique des associations, et affaiblissement des espaces de dialogue avec les pouvoirs publics. L’ESS est trop souvent traitée comme une variable d’ajustement budgétaire, alors même qu’elle pallie les carences de l’action publique, crée de l’emploi non délocalisable et renforce la cohésion sociale. Ce paradoxe est d’autant plus criant que l’ESS démontre, sur les territoires, son utilité sociale majeure : lutte contre les inégalités, accès aux droits, transition écologique, éducation citoyenne, participation démocratique.
Cette dynamique rejoint très directement le projet associatif de l’ESPER, qui œuvre pour l’éducation à et par l’ESS au sein du système scolaire. Face à la mise en danger progressive, la mobilisation pour les élections municipales 2026 apparaît comme un acte politique nécessaire, visant à rappeler que l’ESS est un pilier essentiel d’un projet de société solidaire, démocratique et émancipateur.