Le conseil scientifique des Francas a publié fin 2025, un ouvrage intitulé « Penser critique ? Un levier pour l’éducation populaire » (coordination Christelle Declercq et Michel Cassé).
Fruit de la collaboration entre différent·es auteur·ices (enseignant·es, chercheur·ses, doctorant·es, référent·es à la Protection Judiciaire de la Jeunesse), l’ouvrage aborde l’exercice de l’esprit critique sous différents prismes (philosophique, psychologique, cognitif, culture scientifique, etc.) et son développement tout au long de la vie.
L’ouvrage nous apprend notamment que les enfants ont un regard vigilant sur le contenu d’une information dès 3 ans. Cette vigilance épistémique sur l’information et sur sa source (la personne qui transmet l’information, un site internet, un texte, etc.) se développe particulièrement à partir de 4-5 ans et évolue tout au long de l’enfance et de l’adolescence (Christine Declercq). Elle nécessite un apprentissage et des outils éducatifs.
Cet apprentissage de l’esprit critique est d’autant plus important que l’apparition des réseaux sociaux a permis une facilité d’accès à une multitude d’informations, provenant de diverses sources qui ne concordent pas toujours. Les intox ou informations non sourcées sont en effet très répandues, il est donc nécessaire de faire une éducation renforcée aux médias et à l’évaluation de l’information dès l’enfance, par l’intégration de l’esprit critique et de la culture scientifique dans tous les enseignements (Olivier Las Vergnas & Christophe Jeunesse). Jean-François Rouet propose plusieurs outils éducatifs transversaux aux différentes disciplines enseignées. Par exemple, on pourrait « proposer aux collégien·nes des situations dans lesquelles l’information n’est pas fiable a priori et qui leur demandent de mettre en œuvre un raisonnement, soit par la voie directe, sur la cohérence et le contenu du propos, soit pas la voie périphérique, sur l’appréciation du propos en référence à la source ». Selon ce directeur de recherche au CNRS, cela permettrait de réduire les inégalités sociales et de construire une cohésion sociale.
De plus, une étude la DEPP, intitulée « Une meilleure capacité de discernement de l’information en seconde qu’en sixième, mais un niveau comparable d’adhésion aux croyances conspirationnistes » met également en lumière que « les élèves issus de milieux plus favorisés obtenant de meilleurs scores en français, en mathématiques ont en moyenne des scores de discernement plus élevés et des scores d’adhésion aux pensées complotistes plus faibles ».
« Penser critique ? Un levier pour l’éducation populaire » des Francas montre également les difficultés de l’institution à éduquer les élèves à l’esprit critique (Vincent Lorius) et le besoin de former les éducateur·rices (Claude Escot). Ce livre encourage donc la démarche critique et la coopération, et inspire des ressources pédagogiques pour les équipes éducatives et les acteurs de l’éducation populaire.
L’exercice collectif de montage de projets d’ESS par les élèves que promeut L’ESPER, favorise le développement de leur esprit critique, notamment par la mise en œuvre de la démocratie et en appréhendant mieux les différents modèles et enjeux économiques.