Quel avenir pour l’École et pour les enjeux de l’éducation ?
C’est la question qui a réuni le 10 octobre, collectifs d’éducation populaire (Céméa, Ligue de l’enseignement, etc.), de recherche et syndicats au Forum du Manifeste du Café pédagogique. Coordonné par Philippe Meirieu et Djéhanne Gani, ce temps s’inscrivait dans la continuité du manifeste Parions sur l’École et l’éducation paru en août 2026.
Dans le contexte de la mobilisation lycéenne et étudiante pour des conditions scolaires décentes et un avenir moins inquiétant, le forum s’est ouvert par la prise de parole de Ryad Rani (USL, Union Syndicale Lycéenne) enjoignant à la mobilisation générale : « Ce qu’on veut, c’est une école républicaine qui tienne ses promesses ». L’intersyndicale présente (SNES-FSU, SNUipp-FSU, SE-Unsa, Unsa, CGT, CFDT, FEP-CFDT) a rejoint les revendications portées par l’USL.
Par la suite, 3 tables-rondes ont eu lieu et ont permis d’établir 9 résolutions consensuelles pour envisager les enjeux de l’éducation à venir :
– Gagner la bataille des idées : oui, le service public d’éducation est une institution fondatrice de la République… et, oui, il faut être aux côtés de tous ceux et toutes celles qui le défendent et se battent pour sa qualité. C’est possible : le large soutien au mouvement lycéen dans la population en témoigne. C’est indispensable pour ne pas laisser le pouvoir à une extrême droite qui ne croit plus en l’éducation et veut casser l’École de la République.
– Donner à cette École les moyens de sa réussite. La baisse démographique et un investissement plus grand de notre pays dans son avenir devraient nous le permettre.
– Les inégalités sont aujourd’hui insupportables : il faut garantir l’égalité du droit d’accès de tous et toutes à une éducation de qualité, sur tous les territoires. Il faut renouer avec l’idéal de l’éducation prioritaire : donner plus et mieux à ceux qui ont moins.
– Il faut lutter contre toutes les formes de ségrégation scolaire et en faveur de la mixité sociale partout. Il faut prendre, dans ce domaine, des mesures contraignantes et déterminantes.
– Notre École a le devoir d’accueillir chaque élève sans être exclusive. Elle doit être particulièrement attentive à celles et ceux qui sont le plus en difficulté et aller à la rencontre des parents les plus éloignés de la culture scolaire. L’Éducation nationale doit soutenir et accompagner suffisamment les enseignantes et enseignants pour qu’ils puissent œuvrer ensemble à une éducation authentiquement inclusive.
– Un changement de méthode s’impose : « il faut réformer la réforme ». Nos enfants ne sont pas des cobayes et ne peuvent subir un télescopage de réformes improvisées et jamais évaluées. Nous avons besoin de prendre le temps d’une réflexion d’ampleur associant tous les acteurs de l’École.
– Il faut instituer un vrai « Conseil Supérieur de l’Éducation », une instance indépendante du pouvoir politique qui garantisse que l’École de la République est fidèle à ses principes : l’émancipation de chacun et chacune ainsi que la capacité de tous et toutes à construire du commun. C’est à cette instance de garantir que les programmes scolaires ainsi que les aménagements institutionnels sont fidèles aux finalités d’une éducation républicaine.
– L’École doit pouvoir construire de vraies alliances éducatives, avec les collectivités territoriales, les mouvements d’Éducation populaire et le tissu associatif et culturel, en vue de mettre en place les conditions optimales du développement de chaque enfant et chaque adolescent. Des formations communes entre tous les acteurs éducatifs doivent être organisées.
– En articulation avec le mouvement lycéen et avant les prochaines échéances électorales, organisons partout où c’est possible, dans les écoles et établissements, au sein des quartiers de nos villes comme au cœur de la ruralité, des rencontres citoyennes sur le rôle de l’École et de l’éducation pour faire connaître et discuter ces perspectives, afin de mobiliser suffisamment pour que la question de notre avenir commun soit enfin au cœur du débat public.