Le 16 avril 2026, Philippe Aghion, économiste, co-responsable du Conseil supérieur des programmes (CSP) sous Jean-Michel Blanquer et ancien conseiller économique d’Emmanuel Macron, affirmait : « J’ai refait complètement les programmes de SES. Avant, ils lisaient Alternatives Économiques, maintenant on fait de l’économie sérieuse ». Une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir les concerné·es, à savoir les professeur·es de SES et le magazine Alternatives Economiques.
L’Association des professeurs de Sciences Economiques et Sociales (APSES) a exprimé sa « consternation » face aux propos de Philippe Aghion, et dénoncé une « insulte aux générations de professeur·es et d’élèves, qui, depuis 1966, à travers la série B devenue ES, ont enseigné et étudié rigoureusement les concepts des sciences économiques et sociales pour mieux comprendre le fonctionnement de nos sociétés« .
Pour M. Aghion, le fait que les élèves ne liraient plus un média économique de premier plan serait donc une victoire. Il qualifie même l’étude des inégalités comme une préoccupation « mondaine« . Mais à l’heure de la montée en flèche des inégalités et des rachats innombrables de médias par des milliardaires de droite et d’extrême droite, il n’est pas sérieux d’aller à l’encontre de l’information et de la pluralité médiatique pour construire sa culture économique et sociale. Alternatives économiques y tient évidemment un rôle primordial en sa qualité de journal indépendant. Leur réaction à ces propos l’illustre bien : « […] Comment l’interpréter autrement que comme une forme de déconnexion d’avec le réel ? Comme si, au-delà de leur enjeu social et politique, elles ne constituaient pas un objet d’étude et un défi de nature proprement économique qui menace les démocraties. Aurait-il oublié qu’il y a une dizaine d’années, lui-même s’était intéressé aux liens entre croissance, inégalités et mobilité sociale ?« .
Dès 2018, l’APSES avait alerté sur la fabrique des nouveaux programmes, dirigés en grande partie par M. Aghion, et dont des thèmes majeurs ont été évincés (la consommation, l’État, etc.), ou traités de manière biaisée (l’environnement, le chômage, les inégalités, etc.).
A L’ESPER, nous plaidons pour une pleine intégration de l’économie sociale et solidaire dans les programmes scolaires.