À l’aube de la 10ᵉ Semaine de l’Économie Sociale et Solidaire à l’École (SESSE) prévue du 23 au 28 mars 2026, l’ouvrage Travailler sans patron : Mettre en pratique l’économie sociale et solidaire, signé Simon Cottin-Marx et Baptiste Mylondo (Gallimard, 2024) offre un panorama à la fois théorique et concret des pratiques autogestionnaires, qui traversent les structures de l’ESS aujourd’hui.
À partir d’une cinquantaine d’entretiens et d’une vaste bibliographie, les auteurs dressent d’abord un état des lieux historique et conceptuel de l’ESS – de ses origines comme économie de résistance jusqu’à son institutionnalisation, ses contradictions internes et sa diversité (associations, coopératives, mutuelles). Ils montrent ainsi que la démocratie et la justice économique ne sont pas des évidences automatiques mais des chantiers permanents au sein de ces organisations. En effet, la démocratie peut être un simulacre si les rapports de pouvoir ne sont pas véritablement partagés, et la répartition des richesses reste un enjeu central.
L’ouvrage décrit une manière de travailler autrement : les auteurs explorent des dispositifs concrets permettant d’éviter la concentration du pouvoir et d’assurer une place pour chacun-e dans les décisions. Ils replongent également dans les débats sur la rémunération et la gestion des salaires, en s’inspirant d’exemples de Scop et de structures autogérées qui expérimentent l’égalité salariale, l’autodétermination des grilles de salaires ou encore des formes alternatives d’incitations collectives. Ils proposent de repenser les conditions concrètes du travail : la polyvalence, la désaliénation, la répartition équitable des tâches, l’intégration et la formation des membres, ou encore des pratiques de gouvernance collective qui prennent en compte la diversité des compétences et des aspirations.
À travers une multitude d’exemples — de scieries coopératives à des boulangeries, crèches ou ONG — les auteurs ne se contentent pas de décrire des expériences : ils analysent les difficultés rencontrées, les solutions tentées et les leçons à retenir pour celles et ceux qui souhaitent mettre en pratique les valeurs de l’ESS, sans en renier les idéaux.
Ce questionnement rejoint pleinement les objectifs de l’éducation à l’ESS : permettre aux élèves et équipes éducatives de comprendre que l’économie ne se résume pas à la logique capitaliste, mais peut être pensée et expérimentée autrement, dans des pratiques qui placent l’humain et le collectif au centre.
Le lien avec la Semaine de l’Économie Sociale et Solidaire à l’École 2026 est d’autant plus fort que l’un des auteurs, Simon Cottin-Marx, est le parrain de cette 10ᵉ édition. Il incarne un pont naturel entre la réflexion théorique sur les formes alternatives de travail et d’organisation, et la transmission de ces valeurs dans les classes et projets pédagogiques partout en France.
Ce type de lecture enrichit les ressources pédagogiques disponibles pour les équipes éducatives et les acteurs de l’ESS. Encourageant la démarche critique, la coopération et l’action collective, cet ouvrage est une excellente ressource pour enrichir les débats, éclairer les projets et ouvrir de nouvelles perspectives auprès des élèves, des enseignants et des acteurs mobilisés dans la SESSE 2026 !