Lors de la Commission spécialisée du 17 décembre, Edouard Geffray, actuel ministre de l’Education Nationale, a présenté aux syndicats deux textes visant à abroger le caractère obligatoire des « groupes de besoins » à la rentrée 2026, pour les rendre facultatifs.
Mis en place en 2024 par Gabriel Attal, alors ministre de l’Education Nationale, au sein de la réforme du « choc des savoirs », les « groupes de niveaux », renommés par la suite « groupe de besoins » avaient été critiqués unanimement par les syndicats dès leur introduction.
L’ESPER relayait d’ailleurs en début d’année 2024, les critiques de ses syndicats membres, notamment le recours juridique devant le Conseil d’Etat engagé par UNSA Education et SGEN CFDT.
Le rapport de l’Inspection générale de l’Education publié suite à la première année de mise en place décriait également un bilan négatif. Alternatives Economiques analyse ce rapport dans un article et pointe du doigt le caractère inefficace pour l’apprentissage des élèves : « il apparaît non seulement que les groupes de niveau n’ont « clairement pas bénéficié » aux élèves les plus fragiles, mais aussi qu’ils n’ont pas profité aux meilleurs. « C’est néfaste pour les uns et pour les autres car cela augmente la pression scolaire », explique Sylvain Connac, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation. »
De plus, selon l’enquête réalisée fin 2024 par SNES-FSU, bien qu’obligatoires à la rentrée scolaire 2024-2025 dans tous les collèges pour les classes de 6ème et de 5ème pour les enseignements de français et de mathématiques, seuls 26% des collèges auraient mis en place les « groupes de niveaux » en suivant rigoureusement la réforme (c’est-à-dire en formant des groupes homogènes) cette année-là.
Cette enquête indique également que la mise en place des « groupes de niveaux » a entrainé une forte dégradation des conditions de travail des enseignant-es.
La mobilisation des équipes éducatives a alors été très forte pour enrayer la réforme : « C’est parce que la mobilisation des personnels a été très forte, dans 81% des cas, que des collèges fonctionnent encore en groupes classes. Seuls 28 % des principales et principaux y étaient favorables à cette option. » (1)
Les résultats de l’enquête de la rentrée 2025 étaient encore pires : « plus que 19 % des collèges (participants à l’enquête) appliquent à la lettre les textes règlementaires de la réforme du « Choc des savoirs » avec des regroupements interclasses de niveau (ou de besoins) homogènes »
Suite à la Commission spécialisée du 17 décembre, les organisations syndicales se disent favorables à l’abrogation de l’obligation de mettre en place les « groupes de besoins ». En revanche, elles alertent sur le fait que la formulation du nouveau décret continue de manière implicite à véhiculer l’idée « selon laquelle les groupes de niveau ou les regroupements interclasses devraient rester la norme » et demandent donc la suppression de cette partie. (2)
Les suites du débat sont attendues après le passage des deux nouveaux décrets en Conseil supérieur de l’Éducation (CSE) mi-janvier 2026.
Pour en savoir plus sur l’origines et les analyses scientifiques des groupes de niveaux, vous pouvez consulter les articles des Cahiers pédagogiques ci-dessous :