À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, l’économie sociale et solidaire (ESS) entend faire entendre une voix collective. Dans son plaidoyer de rentrée, le 16 septembre 2026, ESS France a mis en avant plusieurs priorités : sécuriser les financements, répondre aux fragilités sociales et territoriales, accompagner les transitions et faciliter la transmission des entreprises vers les salariés. Une nouvelle étape est prévue en janvier 2027, avec un événement d’audition des candidat-es à la présidentielle sur leurs engagements en faveur de l’ESS.
Dans ce contexte, l’éducation à l’ESS a toute sa place dans les débats à venir. D’ailleurs, dans sa proposition de stratégie nationale de développement de l’ESS, le gouvernement défend un « Plan d’action pour une économie sociale et solidaire structurée, visible, attractive et reconnue » dont la vingt troisième orientation est « Promouvoir l‘éducation à l’ESS » . L’objectif est notamment de mieux faire connaître l’ESS, de sensibiliser les jeunes à ses modèles et de renouveler les générations de bénévoles, de salariés et de dirigeants qui la font vivre.
Cette ambition dépasse la seule transmission de connaissances sur l’ESS. Elle renvoie à une certaine conception de l’éducation : apprendre à coopérer, à mener des projets collectifs, à comprendre son territoire et à exercer son pouvoir d’agir. Des actions comme « Mon ESS à l’École », qui permettent à des élèves d’âges, de niveaux et de filières variés d’expérimenter concrètement la coopération et la décision collective, illustrent déjà cette approche.
Pour tous les défenseurs de l’ESS, l’enjeu de la présidentielle sera donc aussi de faire de l’éducation un levier de transformation économique, sociale et démocratique. Cela suppose de renforcer la place de l’ESS dans les parcours éducatifs, de soutenir les initiatives pédagogiques et de donner aux jeunes les moyens de comprendre et d’expérimenter d’autres façons d’entreprendre et de décider ensemble.
À travers son plaidoyer pour 2027, ESS France peut donc aussi poser cette question de fond : quelle place donner, demain, à la coopération, à l’engagement collectif et à l’utilité sociale dans l’éducation des nouvelles générations ?