Table ronde d’ouverture « L’éducation à l’ESS des jeunes par la pratique, quels impacts ? Quels enseignements ? – Forum ESS de Niort du 19/10/2021

1. Caroline Ferguson, Déléguée Nationale de l’ESPER (L’économie Sociale Partenaire de l’École de la République)

Présentation de l’étude d’impact du dispositif pédagogique, citoyen et entrepreneurial de création d’entreprise de l’ESS en milieu scolaire « Mon ESS à l’école » de l’année 2020/2021.

Quelques chiffres :

Ils découvrent l’ESS !

Avant le projet, 83% des élèves ne connaissaient pas l’ESS.  Suite au projet, 80% savent reconnaître le sigle et comprennent sa signification et 100% savent reconnaître au moins un des principes.

Super ambiance !

Pour 73,5% des élèves et 91% des enseignants l’ambiance de classe s’est améliorée.

Le choix de la coopération

Suite au projet, 95% des enseignants disent que les élèves se répartissent les tâches de manière coopérative et démocratique.

Une boussole pour l’avenir

52% des élèves ont été aidés dans leur orientation suite au projet, 62% ont envie de faire un stage dans l’ESS, 54% aimeraient y travailler, 89% veulent participer à un projet collectif, 65% souhaitent entreprendre dans l’ESS et 60% souhaitent créer leur propre entreprise.

Une pédagogie ESS

Suite au projet, 97% des enseignants intègrent les principes et les valeurs de l’ESS dans leur pratique pédagogique.

So-so-so, solidarité !

98% des élèves veulent aider les autres.

Des apprentissages multiples 

Les élèves se sont améliorés sur au moins 3 points du socle commun de l’Éducation Nationale.

  • Travail de groupe (75%)
  • Prise de décision en collectif (68%)
  • Polyvalence (59%)

ESS Pride

80% des élèves et 97% des enseignants se disent fiers d’avoir participé à Mon ESS à l’école. De plus, le dispositif « Mon ESS à l’école » a aidé les élèves sur d’autres points : une meilleure connaissance des acteurs des territoires, et d’une économie de proximité. 65% des élèves en début de projet avaient visité des entreprises proches de chez eux et 85% ont connu des nouvelles entreprises suite au projet.

Illustration par 3 élèves, tous en Seconde, venant de 2 lycées (Lycée Louis Audouin Dubreuil à Saint Jean D’Angelys et Lycée Georges Desclaudes à Saintes) et ayant participé au dispositif Mon ESS à l’Ecole l’année dernière

  • Jessy Guillemotte :

« Il y a eu une sensibilisation de tout le collège au niveau des élèves. On a fabriqué des choses, cela nous a permis de faire des sorties, de découvrir des structures (associations) solidaires et engagées et de prendre conscience de notre engagement. J’ai découvert le projet en 5ème, ça m’a tellement plu que j’ai décidé d’être trésorier. Je ne voulais pas quitter le projet et je souhaite créer un projet similaire dans mon lycée. »

  • Camille Nau :

« Nous avions entrepris un projet intitulé « Marcel Recycl’ et Marcel Proteg’ » dont l’objectif est de protéger les chauves-souris et les insectes pollinisateurs via des hôtels à insectes. On a fait des expositions, j’ai appris des choses sur le réchauffement climatique. On récupérait aussi le papier et le matériel scolaire pour le recycler et le réutiliser. »

  • Maelis Chacun :

« Nous avions un système démocratique, à la majorité. En tant que Junior Association, nous procédions aux élections. Plus tard, j’aimerais travailler dans le domaine scientifique pour lutter contre le plastique. »

2. Elodie Perroteau, coordinatrice de La Fabrique Coopérative (L’association nationale pour le développement des coopératives d’éducation à l’entrepreneuriat collectif et de projets d’éducation à l’ESS – Coopératives jeunes majeurs [CJM] et Coopératives jeunesses de service [CJS])

Ce sont des groupes d’une douzaine à une quinzaine de jeunes qui gèrent une structure coopérative.

L’accompagnement se fait par un collectif d’acteurs du territoire pour que la coopérative puisse prendre forme. Vivre une expérience concrète de l’entreprise, travail avec des CAE (coopératives d’activité et d’emploi) et leur faire acquérir de nouvelles connaissances puis mettre à disposition des ressources. C’est une réelle expérimentation avec une entreprise qui a une existence légale.

Quels impacts sur les jeunes et les territoires ?

  • Acquisition de compétences douces : autonomie, confiance en soi etc… et professionnelles : gestion de pilotage d’une entreprise, comptabilité, finance etc…
  • Démocratie et prise de décision commune, gestion de conflits, écoute, entraide
  • Meilleure connaissance du monde de l’entreprise
  • Réelle compréhension du monde de l’entreprise et découverte de l’ESS
  • Lien et mixité sociale

Pour construire une coopérative d’éducation, il y a un comité local représentatif du territoire représenté par des collectivités, des structures insertion et de jeunesse, des structures privées. Il y a une vraie création de dynamique économique et entrepreneuriale. C’est une réponse à la jeunesse : s’intéresser aux jeunes d’un territoire et comment répondre à leurs besoins. Actuellement, il existe 70 projets dans une dizaine de régions sur toute la France.

3. Lisa Serero, Responsable Éducation de l’Association Nationale de Solidarité Internationale Artisans du Monde

La Fédération (115 associations locales) promeut le commerce équitable.

Qu’est-ce que le commerce équitable ?

C’est une forme alternative du commerce dit « classique », et qui va vient replacer les droits humains et l’environnement au-devant des préoccupations.

La structure promeut les structures de l’ESS et les organisations de l’agriculture (par exemple, les coopératives). Elle fait aussi du plaidoyer, de la vente, et de l’éducation.

2 dispositifs :

  • « Label écoles de commerce équitable », qui valorise des établissements scolaires engagés dans le commerce équitable, de la maternelle à l’enseignement supérieur, à l’aide d’auto-évaluation et de candidature au label.
  • « Les JACE » jeunes ambassadeurs du commerce équitable : actions de vente, de sensibilisation et de plaidoyer

Quels impacts ?

Méthodologie : groupe témoin (sans avoir expérimenté le dispositif) et groupe expérimental.

Les JACE : Évaluation sur 3 années dans le cadre d’un projet Erasmus de 2015 à 2018 au Lycée pro Bel Orme à Bordeaux pour lutter contre le décrochage scolaire. Les équipes ont rencontré pendant 3 ans les mêmes personnes et évaluation des réponses.

Quels résultats ?

Expérience marquante, portée sur l’innovation. Un effet positif fut noté sur l’acquisition de compétences (transversales), sur l’amélioration des relations entre élèves et enseignants, sur l’apprentissage par les jeunes, par des productions très concrètes.

Conclusion 

Éduquer à l’ESS, qu’est-ce que ça donne ?

Cela suscite des volontés d’engagement et permet de découvrir des thématiques.

Les jeunes et les enseignants ont envie de s’engager, d’apprendre de nouvelles choses, de se faire accueillir par des structures.

Le salariat dans l’ESS, c’est porteur et peut devenir une véritable carrière professionnelle.

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